S’initier au ski de randonnée : nos conseils

Ski

En quête de liberté, de neige fraîche et d’évasion ? Le ski de randonnée s’impose aujourd’hui comme l’activité la plus prisée de l’hiver. Si la pratique peut impressionner au premier regard, elle est en fait accessible à tous les skieurs et snowboarders, à condition de bien s’équiper, de s’informer et de se former pour prendre des décisions éclairées. Car la liberté en montagne ne s’improvise pas, elle se construit et elle s’apprend. Le mieux au début, c’est d’être bien accompagné. Nous avons suivi l’alpiniste Sarah Fayolle sur l’un de ses itinéraires favoris.


Contrairement au ski alpin, la majeure partie de l’activité est occupée par la montée. Peaux de phoques (façon de parler) sous les semelles des skis, on progresse vers l’objectif fixé. Le rythme est lent, l’effort intense, plusieurs heures pour quelques minutes de descente, mais c’est la condition pour s’éloigner des foules et s’immerger en pleine nature. Sarah nous emmène au Petit Combin Nous partons à la conquête de cet espace reculé ; on s’imagine être des aventuriers, des chercheurs de poudreuse immaculée. Ici pas de ligne imposée, la trace se dessine au fil des décisions. Lorsqu’on arrive en haut, on retire les peaux pour passer en mode descente. Et là, c’est le kif totale ! Un plaisir brut, qui fait rapidement oublier les conversions ratées à la montée, les jambes fatiguées et le souffle court. La récompense est au moins proportionnelle à l’effort fourni. Sarah trouve également dans cette pratique la satisfaction de limiter son impact sur l’environnement.


Le choix du matériel

S’initier au ski de randonnée nécessite une bonne forme physique pour affronter les heures de montée, mais aussi un bon niveau de ski hors-piste afin de maitriser toutes les neiges. Le grâle c’est évidemment d’atteindre des champs de poudreuse légère mais la réalité est parfois tout autre : la neige peut être transformée, gelée, cartonnée ou croutée. Pour maitriser ces neiges difficiles, le meilleur conseil est simple : pratiquer autant que possible. Avant de s’aventure loin, il est essentiel de s’entraîner en hors-piste pour affiner sa technique et appréhender les différentes conditions. Le choix du matériel joue également un rôle clé. Skis, fixations, chaussures, peaux : chaque élément doit être adapté à sa pratique, à son niveau et à son terrain de jeu. Un matériel mal choisi peut rapidement transformer une sortie rêvée en expérience pénible.


Equipement de sécurité

Évoluer loin des pistes sécurisées implique de respecter des règles de sécurité et de bon sens. La plus connue reste d’être équipé du triptyque DVA (détecteur de victime d’avalanche), pelle et sonde. Toutes les autres règles servent à ce que ce matériel ne soit jamais utilisé en situation réelle. Car s’il faut toujours avoir son DVA sur soi, l’objectif est d’éviter de s’en servir. Sachez qu’il faut compter au minimum 15 minutes pour sortir une victime enfouie sous 1 mètre de neige. Au-delà de 18 minutes, les chances de survie diminuent fortement. De nombreux organismes spécialisés proposent des formations dédiées à la recherche DVA, le maniement de la sonde et de la pelle.

> les Guides de Verbier

> les Safety Shred Days : Évènement à l’initiative du snowboarder pro Victor Daviet pour se former au secours en avalanche.


Bien se préparer

Avant même de mettre les peaux, une sortie de ski de randonnée se prépare. Il s’agit de se renseigner sur les conditions et de consulter la météo. Les paramètres à prendre en compte en ski de randonnée sont multiples : visibilité, vent, enneigement, structure du manteau neigeux. Ne vous contentez pas de la météo du journal de 20H, orientez-vous plutôt vers Whiterisk qui édite tous les jours le bulletin d’estimation du risque d’avalanche et qui donne un indice de risque sur une échelle de 1 à 5 pour chaque massif, basé sur les relevés des stations météo ainsi que des observations des chercheurs. Ces informations, croisées avec l’observation sur le terrain aident à prendre les bonnes décisions comme modifier le tracé selon les conditions sur le moment, ou renoncer si l’on estime le danger trop élevé.

> White risk : Une plateforme suisse d’aide à la décision en avalanche

> Data Avalanche

> Skitour : un site de passionnés de ski qui partagent leurs itinéraires ainsi que leurs retours sur les conditions.


Se former

Alors qu’on retrouve la vallée, laissant derrière nous le silence du glacier, Sarah insiste sur un point essentiel : « Devenir autonome en ski de randonnée demande de l’expérience et de la discipline. On ne s’improvise pas montagnard du jour au lendemain ». Pour celles et ceux qui souhaitent structurer leur pratique et progresser en sécurité, des formations existent. En ligne avec WeMountain ou sur le terrain avec le Club Alpin. Sarah salue également l’émergence de nouvelles initiatives qui visent à structurer la pratique comme The Mountain Lab, qui a conçu un parcours de formation complet destiné aux skieurs débutants comme aux pratiquants plus expérimentés. Encadrés par des guides de haute montagne et des experts formés à la pédagogie, les participants alternent enseignement théorique et mises en pratique. TML propose des stages de 3 jours avec pour objectif de donner les clés pour évoluer en montagne avec responsabilité.

> WeMountain : une plateforme de formation en ligne dédiée au ski hors piste

> Le Club Alpin : une « école de la montagne » qui propose des formations en ski de randonnée

> The Mountain Lab : une initiative qui propose des formations en montagne et rassemble des passionnés d’outdoor lors d’évènements communautaires


De cette journée passée aux côtés de Sarah, nous retenons avant tout son plaisir à partager sa passion. Pour elle, le ski de randonnée n’est pas une quête de performance mais une pratique qui se construit dans le partage et une manière d’arpenter la montagne autrement. « Et, d’y laisser une trace plus consciente. »


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Alpinisme et performance, liaison dangereuse